les cours d'erika kohut

mardi 22 février

budapest

budapest, parce que c'est là qu'a vécu une amie qui m'est chère et qui a presque disparu de ma vie. laura. je l'ai revu hier, elle a tremblé et moi j'ai failli pleurer. c'était d'une mélancolie incroyable, d'une tristesse absolument insupportable. laura représente mon passé, comme aussi bien sûr, mais elle est la seule qui représente un passé heureux. comment dire, c'est comme si un être extrêment cher disparaissait de votre vie brutalement, et le pire c'est les moments très sporadiques où vous revoyez cette personne. c'est un court moment mais absolu. je pense que ça serait pareil avec magali. quant à amélie, il y a quelque chose de cette intensité, mais ce passé formidable, on ne l'a pas eu, on fait comme si. je crois que sans ces trois femmes et manon, ma vie ne vaudrait pas grand chose aujourd'hui. pourtant, dans ces quatre femmes, seule manon me connait vraiment,  et il n'y a qu'elle que je connaisse vraiment. ces trois femmes ont une place absolument étrange dans mon coeur, et renvoient à une tristesse ineffable. comme une chanson, je ne sais pas. j'ai le coeur serré et si je savais pleurer je le ferais. laura, tu ne t'imagines pas.

anaïs, j'en parlerait autrement.

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montevideo

montevideo, parce qu'en ce moment j'aime un de mes profs à la fac d'espagnol, monsieur caplan (je ne sais pas encore faire les accents sur les a), qui est uruguayen. ce qui m'a paru étrange en revanche c'est l'étrange porte-clés qu'il a accroché à sa ceinture, qui m'a tout de suite fait penser à un gamin qui a acheté un souvenir en colonie. mais il est très charmant, c'est pourtant rare pour un blond. cependant ils fait partie de ces hommes avec qui je n'imaginerais jamais avoir de sexualité, parce qu'ils me rappellent qulque chose de lointain chez mon père. c'est peut-être justement ces cheveux blonds, bien que mon père les ait un peu plus foncés, mais pour le moment je ne vois que ça.

et puis montevideo, parce que je n'en peux vraiment plus de l'espagne, mar adentro me l'a encore rappelé hier soir. pourtant cet après-midi j'ai envoyé une cinquantaine de lettres de motivations pour travailer à madrid, et à ce moment-là je me disais que j'adorais (les fleurs fanées dans les rues de)madrid. j'ai un problème avec moi en ce moment, je rejette ce que j'aimais il y a deux semaines de cela. même mon homosexualité y passe, je n'en peux plus de toutes ces greluches en marcel noir moulant. pour la première fois depuis quatre ans, j'ai pensé pouvoir aimer une femme. une comme mélanie, qui vit à lyon et que j'ai, dès que je l'ai quittée, décidé de mettre sur un point d'orgue dans ma vie, comme un modèle inaccessible. je cois que ça lui a fait un peu peur au début, elle ne répondait pas à mes lettres. maintenant c'est moi qui ne lui écris plus, de peur de ne pas être à la hauteur où je l'ai moi même placée. il y a deux semaines pourtant, je l'ai appelée mais elle n'a pas supportée. mélanie.

j'écoute une chanson depuis quelques jours, celle que chante albert pla dans carne tremula de pedro almodovar (ex? icone de ma vie), et j'ai trouvé que c'était un poème de josé maria fonollosa (de barcelone...), kennamore street :

yo quiero que tu sufras lo que sufro : aprenderé a rezar para lograrlo.
yo quiero que te sientas tan inutil como un vaso sin whisky entre las manos ; que sientas en el pecho el corazon como si fuera el de otro y te doliese.
yo quiero que te asomes a cada hora como un preso aferrado a su ventana y que sean las piedras de la calle el unico paisaje de tus ojos.
yo deseo tu muerte donde estes. aprenderé a rezar paar lograrlo.

je le trouve magnifique, pour ceux qui ne comprennent pas l'espagnol en voilà une maladroite traduction :

je veux que tu souffres ce que je souffre : j'apprendrai à prier pour y parvenir.
je veux que tu te sentes aussi inutile qu'un verre sans whisky entre les mains ; que tu sentes ton coeur dans ta poitrine comme s'il était d'un autre et qu'il te faisait mal.
je veux que tu te montres à chaque heure comme un prisonnier obstiné à sa fenêtre, et que les pierres de la rue soient l'unique paysage à tes yeux.
je désire ta mort où que tu sois. j'apprendrai à prier pour y parvenir.

voilà pour aujourd'hui, pour moi qui ne suis pas fou d'internet ça fait déjà beaucoup. je vais regarder 21 grammes, et maudire le gouvernement mexicain de ne pas soutenir son cinéma d'auteurs. iñarritu et les autres, tous en exil aux usa. tiens et demain il faudra que je vous parle de quelque chose qui me plait énormément en ce moment, c'est le nuevo cine argentin.

je vous embrasse.

kohut et klemmer

PD. je vous envoie ma photo comme c'est notre première rencontre (klemmer attendra, il a l'habitude).

 

Posté par erika kohut à 21:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]