mardi 22 février

montevideo

montevideo, parce qu'en ce moment j'aime un de mes profs à la fac d'espagnol, monsieur caplan (je ne sais pas encore faire les accents sur les a), qui est uruguayen. ce qui m'a paru étrange en revanche c'est l'étrange porte-clés qu'il a accroché à sa ceinture, qui m'a tout de suite fait penser à un gamin qui a acheté un souvenir en colonie. mais il est très charmant, c'est pourtant rare pour un blond. cependant ils fait partie de ces hommes avec qui je n'imaginerais jamais avoir de sexualité, parce qu'ils me rappellent qulque chose de lointain chez mon père. c'est peut-être justement ces cheveux blonds, bien que mon père les ait un peu plus foncés, mais pour le moment je ne vois que ça.

et puis montevideo, parce que je n'en peux vraiment plus de l'espagne, mar adentro me l'a encore rappelé hier soir. pourtant cet après-midi j'ai envoyé une cinquantaine de lettres de motivations pour travailer à madrid, et à ce moment-là je me disais que j'adorais (les fleurs fanées dans les rues de)madrid. j'ai un problème avec moi en ce moment, je rejette ce que j'aimais il y a deux semaines de cela. même mon homosexualité y passe, je n'en peux plus de toutes ces greluches en marcel noir moulant. pour la première fois depuis quatre ans, j'ai pensé pouvoir aimer une femme. une comme mélanie, qui vit à lyon et que j'ai, dès que je l'ai quittée, décidé de mettre sur un point d'orgue dans ma vie, comme un modèle inaccessible. je cois que ça lui a fait un peu peur au début, elle ne répondait pas à mes lettres. maintenant c'est moi qui ne lui écris plus, de peur de ne pas être à la hauteur où je l'ai moi même placée. il y a deux semaines pourtant, je l'ai appelée mais elle n'a pas supportée. mélanie.

j'écoute une chanson depuis quelques jours, celle que chante albert pla dans carne tremula de pedro almodovar (ex? icone de ma vie), et j'ai trouvé que c'était un poème de josé maria fonollosa (de barcelone...), kennamore street :

yo quiero que tu sufras lo que sufro : aprenderé a rezar para lograrlo.
yo quiero que te sientas tan inutil como un vaso sin whisky entre las manos ; que sientas en el pecho el corazon como si fuera el de otro y te doliese.
yo quiero que te asomes a cada hora como un preso aferrado a su ventana y que sean las piedras de la calle el unico paisaje de tus ojos.
yo deseo tu muerte donde estes. aprenderé a rezar paar lograrlo.

je le trouve magnifique, pour ceux qui ne comprennent pas l'espagnol en voilà une maladroite traduction :

je veux que tu souffres ce que je souffre : j'apprendrai à prier pour y parvenir.
je veux que tu te sentes aussi inutile qu'un verre sans whisky entre les mains ; que tu sentes ton coeur dans ta poitrine comme s'il était d'un autre et qu'il te faisait mal.
je veux que tu te montres à chaque heure comme un prisonnier obstiné à sa fenêtre, et que les pierres de la rue soient l'unique paysage à tes yeux.
je désire ta mort où que tu sois. j'apprendrai à prier pour y parvenir.

voilà pour aujourd'hui, pour moi qui ne suis pas fou d'internet ça fait déjà beaucoup. je vais regarder 21 grammes, et maudire le gouvernement mexicain de ne pas soutenir son cinéma d'auteurs. iñarritu et les autres, tous en exil aux usa. tiens et demain il faudra que je vous parle de quelque chose qui me plait énormément en ce moment, c'est le nuevo cine argentin.

je vous embrasse.

kohut et klemmer

PD. je vous envoie ma photo comme c'est notre première rencontre (klemmer attendra, il a l'habitude).

 

Posté par erika kohut à 21:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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